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01 novembre 2015

Hello, I'm Johnny Cash !

Si la musique folk-country s’offrait une figure de proue, noire de poésie et avec une teneur en charisme énorme, Johnny Cash en serait le meilleur représentant. Avec plus d’un demi-siècle de carrière et 90 millions d’albums vendus, la star légendaire au regard et aux mots qui tuent s’est éteinte en 2003, laissant derrière lui une pléthore d’artistes en deuil d’un homme qui fleuretait autant avec le working-class hero qu’avec le statut de légende vivante. Loin du star-system qui lui aurait valu une carrière lancée sur une pente dangereuse, le rebelle a constamment maintenu le cap, sifflant ses airs de cowboy à travers le monde. Une histoire d’amour, de haine et de cordes usagées.
C’est sur les plaines ensoleillées de l’Arkansas que naît J.R. Cash le 26 février 1932. Bercé par les airs de gospel et de musique country propres aux champs cotonneux du Sud, il joue maladroitement de la guitare, et composera ses premières chansons à 12 ans. Durant son exil en Allemagne pour l’US Air Force, fin des années 40, il achète sa première vraie guitare et s’intéressera particulièrement au sort des bagnards en assistant à la projection d’un documentaire sur les prisons.
A son retour à Memphis, il tente une percée sur le label Sun, en auditionnant pour Sam Phillips, qui jugera ses chansons gospel "non vendables". Son frère Roy le présentera en même temps aux musiciens Luther Perkins et Marshall Grant, qui travaillent en face du studio. Il reviendra alors avec des titres différents, plus country, qui lui vaudront l’enregistrement et la publication de Cry Cry Cry, Hey Porter, et bien sûr I walk the line ses premières entrées au hit parade en 1956.
L’année 1957 voit la sortie de son premier album Johnny Cash with his hot and blue guitar, couplé avec sa première apparition au cinéma, dans "Five minutes to live". Il se produira en même temps au sein du Million Dollar Quartet, aux côtés d’Elvis Presley, Jerry Lee Lewis et Carl Perkins.
Il partira alors sur le label Columbia et se fera remarquer sur scène, par ses tenues noires, contraste évident avec les paillettes et costumes à franges des musiciens country de l’époque. Il commence également à se produire sur scène en compagnie de June Carter. Ils tombent amoureux l’un de l’autre, ce qui n’est pas sans poser problème, les deux étant déjà casés.
Les années 60 verront l’artiste tourner avec ses Tennessee Two ce qui l’amènera, sous le coup des pressions, à se laisser aller aux amphétamines lorsque le violoniste d’Honky Thonk, Faron Young lui glissera quelques pilules dans sa main lors d’un soundcheck qu’il aura du mal à assurer. Le mal est fait et la pente se raidit. Il consommera alors parfois plus de 100 pilules par jour, le plongeant parfois dans des sommeils de 20h. June Carter écrira alors une chanson pour l’artiste qui deviendra un de ses plus grands hits de 1963 : Ring of Fire, décrivant le cercle infernal dans lequel s’enferme l’artiste.
Cash sera arrêté en 1965 au Texas pour possession d’héroïne. L’artiste sombrera alors dans des attitudes odieuses, notamment avec la presse, jusqu’au duo Jackson avec Carter en 1967 qui lui permettra de gagner un Grammy AwardEn 1968, il s’adonnera à la religion catholique, laissant de côté la drogue, quittera sa femme et demandera en mariage June Carter, en plein milieu d’un concert. Il donnera alors 2 concerts historiques dans des prisons, à San Quentin et Folsom, qui feront l’objet de deux albums live s’immisçant parmi les meilleurs de l’histoire. C’est également au concert de la Folsom Prison qu’il rencontre un prisonnier, Glen Sherley, qu’il va aider en écrivant des chansons avec lui et en l’emmenant en tournée à ses côtés.

En 1969, paraît A boy named Sue, une chanson écrite par Shel Silverstein et enregistrée par Johnny chez Columbia. En 2009, cette chanson est traduite en français pour Sanseverino sur son album Les Faux Talbins. La première adaptation française est enregistrée en 1970 par Joe Dassin sous le titre de Un garçon nommé Suzy paru en 1970 sur l'album La fleur aux dents CBS LP 64273. Les paroles de cette version sont signées Pierre Delanoë. > écouter ce titre sur MusicMe

D'ailleurs, tout comme Joe Dassin, Johnny Cash enregistre The last thing of my mind (célèbre titre de Tom Paxton) ou City of New Orleans (celui de Steve Goodman). Tous deux bénéficient également des talents de Don Hunstein, le célèbre photographe de la Columbia.
En 1970, Cash sera sur tous les fronts. Entre la naissance de son fils John, sa visite à la Maison Blanche avec Richard Nixon, son combat pour la préservation du patrimoine des Indiens d’Amérique, la rencontre avec Kirk Douglas ainsi que les premiers pas de son show télé, le Johnny Cash Show, le chanteur revit et semble évacuer les démons qui le hantaient. Fin des années 70, il reprendra les grands titres d’artistes comme Bob Dylan, Kris Kristofferson ou encore Nick Lowe. Le public ne le suivra pas dans cette évolution, mais Cash continuera malgré tout à se produire à travers le monde. Il sera victime d’un coma postopératoire au milieu des années 80, dont il mettra beaucoup de temps à se remettre et ralentissant nettement sa carrière.
En 1992, il est introduit au Rock n’ Roll Hall of Fame, et deux ans plus tard, commencera la série des American Recordings, 6 albums dont 2 posthumes sous la direction de Rick Rubin. On y retrouve des reprises inattendues de U2, Depeche Mode, Leonard Cohen ou encore Nick Cave and the Bad Seeds. On lui diagnostiquera un syndrôme Shy-Drager, puis une grave pneumonie l’année suivante. Le chanteur nous quittera 4 mois après le décès de June Carter, qui l’a beaucoup affecté, le 12 septembre 2003. Il donnera son dernier concert le 5 juillet de la même année, lisant un texte très émouvant avant son concert où il déclare toujours sentir la présence de June à ses côtés.
Entre le comédien, l’animateur, mais surtout le songwriter, Johnny Cash a excellé dans l’art, se cachant derrière une modestie digne d’un grand dandy cowboy. Il a su marquer au fer rouge une transition importante entre la musique country et le rock n’ roll, maniant avec adresse la guitare et les mots. Si celui que l’on surnommait l’Homme en noir, qui se présentait au début de chacune de ses prestations avec son légendaire "Hello, I'm Johnny Cash" n’est plus là, son esprit du grand sage reste parmi nous. Les hommages à l’artiste sont légion du cinéma (‘Walk the line’, 2007) jusqu’aux nombreux tributes d’artistes dont Johnny Cash a marqué la carrière.
En mars 2014, paraît Out among the Stars, un album perdu de Johnny Cash, découvert par son fils dans la demeure familiale, composé de douze titres inédits, enregistrés entre 1981 et 1984.

Toujours en 2014, une compilation Johnny Cash est éditée en 10 volumes chez Believe. Tout récemment, en septembre 2015, au tour de la compilation Hit Collection d'être publiée, comprenant Ring of fire, I walk the line et des enregistrements Live comme Folsom prison blues ou... A boy named Sue !

♫ And if I ever have a son,
I think I'm gonna name him 
Bill or George! Anything but Sue !
I still hate that name ! ♫
sources bio : Pierre Mulder sur www.rtbf.be
publié le 1er novembre 2015

voir les enregistrements associés sur Blue Country Disc'
33 RPM - CBS S 64273 - dec 1970 - La fleur aux dents (Joe Dassin)
Un garçon nommé Suzy - Joe Dassin - 1970

liens externes associés
Johnny Cash Officiel Website
Biographie Johnny Cash sur RTBF.be
Discographie de Johnny Cash sur Discogs

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